Les 22 arcanes majeurs du tarot de Marseille et ce qu’ils racontent

Publié le 25 July 2026 · par Alma Toussaint

Les 22 arcanes majeurs du tarot de Marseille et ce qu’ils racontent
En bref

Le tarot naît au quinzième siècle comme jeu de cartes ; son usage divinatoire lui est postérieur de trois siècles. Connaître la structure des vingt-deux lames rend la lecture d’un tirage beaucoup moins arbitraire.

Les vingt-deux arcanes majeurs forment le cœur du tarot de Marseille. Ce sont les lames que l’on reconnaît sans les connaître : le Bateleur, la Papesse, la Mort, le Soleil. Comprendre leur logique interne rend la lecture d’un tirage beaucoup moins arbitraire qu’il n’y paraît, à condition de savoir d’où ces cartes viennent.

Un jeu de cartes devenu instrument divinatoire

Le tarot apparaît en Italie du Nord au quinzième siècle, comme jeu de cartes. Les premiers jeux connus sont des commandes aristocratiques, richement peintes, destinées à jouer et non à prédire. Le modèle dit de Marseille se stabilise ensuite en France aux dix-septième et dix-huitième siècles, porté par des cartiers lyonnais et marseillais.

Son usage divinatoire est plus tardif. Il se documente à la fin du dix-huitième siècle, avec Court de Gébelin qui prête au jeu une origine égyptienne imaginaire, puis avec Etteilla qui publie les premières méthodes de tirage. Autrement dit, la fonction divinatoire du tarot est postérieure de trois siècles au jeu lui-même. Ce décalage n’enlève rien à l’intérêt du symbolisme, mais il interdit de parler de sagesse immémoriale.

La structure des vingt-deux lames

Les arcanes se numérotent de I à XXI, auxquels s’ajoute le Mat, ou Fou, dépourvu de numéro. Cette absence n’est pas une négligence : elle en fait une carte de passage, insérable partout dans la série.

La lecture la plus courante répartit les lames en trois séquences de sept. La première, du Bateleur au Chariot, décrit la construction d’une personne dans le monde social. La deuxième, de la Justice à la Tempérance, met en jeu des épreuves et des retournements, avec le Pendu et la lame XIII en points de bascule. La troisième, du Diable au Monde, ouvre sur des forces qui dépassent l’individu. Cette architecture n’est pas la seule proposée, mais elle a le mérite de donner une place à chaque carte.

Lire une carte sans lui faire dire n’importe quoi

Deux réflexes rendent service. Le premier consiste à décrire avant d’interpréter : combien de personnages, où regardent-ils, quels objets, quelles couleurs. Le second consiste à lire la carte dans le contexte de ses voisines plutôt que d’appliquer une signification de dictionnaire.

Il faut aussi désamorcer deux malentendus tenaces. La lame XIII, souvent laissée sans nom sur les jeux anciens, ne signifie pas la mort d’une personne mais une coupure, un avant et un après. La Maison Dieu, la tour foudroyée, ne désigne pas une catastrophe mais l’effondrement d’une construction devenue intenable. Un tarot ne prédit rien de vérifiable. Il fournit un répertoire d’images sur lequel appuyer une réflexion, ce qui est un usage honnête et suffisant.

Questions fréquentes

Combien de cartes compte un tarot de Marseille complet ?

Soixante-dix-huit : vingt-deux arcanes majeurs et cinquante-six arcanes mineurs, répartis en quatre séries de bâtons, coupes, épées et deniers, avec quatre figures par série.

Faut-il tenir compte des cartes à l’envers ?

Les écoles divergent. La tradition marseillaise classique lit surtout les cartes à l’endroit et nuance par le voisinage. La pratique des cartes renversées est plus répandue dans les tarots d’inspiration anglo-saxonne. L’essentiel est de choisir une règle et de s’y tenir pour tout le tirage.

Peut-on apprendre le tarot seul ?

Oui, en commençant par un jeu classique et un seul ouvrage de référence. Multiplier les manuels au début conduit surtout à accumuler des significations contradictoires que l’on ne sait plus arbitrer.

A
L’auteur

Alma Toussaint

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